20100429
20100425
Angil par Richard Robert
Des transmissions de pensées, des partages de sensations, des combinaisons d’affects, des croisements de voix et de regards, des mélanges de souffles et de gestes… Voilà ce qui se joue dans The And, le troisième album d’Angil And The Hiddentracks. Après le joyeux branle-bas sonore et poétique d’Oulipo Saliva, la société musicale réunie autour de Mickaël Mottet revient à un songwriting plus limpide, plus immédiat, laissant la part belle à la mélodie. Sauf qu’il se trame toujours autre chose derrière les interactions instrumentales et la très humaine mécanique des fluides qui soudent ce petit monde.
The And pousse un cran plus loin une magie qui était déjà à l’œuvre dans Oulipo Saliva : il transforme tout ce qui fonde la beauté d’un rendez-vous collectif comme celui-ci en matière vibrée, en onde de désir, voire en pure décharge émotionnelle. Dans l’art pas si simple de l’écoute mutuelle, les membres d’Angil ont franchi un palier supplémentaire. Enregistré live en studio dans la lumineuse quiétude de l’été 2009, The And traduit en lignes musicales les contours d’un espace chaleureux, d’un cercle amical qu’agrandissent les présences passantes de voix complices – Françoiz Breut, Raymonde Howard, Jim Putnam (Radar Bros), Laetitia Sadier, Half Asleep, Emma Pollock… Il capture l’incandescence d’un moment de partage forcément unique, forcément fugace, forcément intense.
The And a quelque chose d’un instantané ; mais c’est un instantané qui ne manque pas de perspective, de profondeur de champ. Un bloc brut de présent dont le passé, apparaissant maintes fois en filigrane dans les textes de Mickaël Mottet, dessine l’ombre portée, le juste prolongement. Un présent que la chaleur du souvenir vient sans cesse éclairer. The And est ce disque où de bonnes âmes, unies par la mémoire de multiples expériences communes, se rassemblent comme si c’était la dernière fois, comme si c’était là l’ultime trace qu’elles allaient abandonner dans ce monde.
Ce disque aurait pu s’intituler The End, mais il s’appelle The And. Peut-être parce qu’entre un mot qui trace un lien (and) et un mot qui annonce la fin (end), Mickaël Mottet a préféré choisir le premier. Sans ignorer que toute forme de lien – entre aujourd’hui et hier, entre soi et les autres – est la plus belle fin à laquelle puisse aspirer une vie d’homme.
Richard Robert
20100405
20100304
Sail home
Sail home
“We’ll sail home by moonlight, another honeymoon.” (F.W. Murnau)
The fabric will come loose and sever from the loom.
The aching, the thrilling, I’m sure will be gone soon. We’ll head home.
Your phone’s on in your dress; my number’s the top one. It dials as you walk; I answer and listen to the world from your pocket until your credit’s gone. Come back home.
I guess there is someone, I guess you’re with him now. I don’t blame him for making weapons; I blame him cos he digs art. Well I dig dignity; though I’m digging my own.
The nosebleeds, the sick days, the memories, us fighting. It’s a big house; it’s our house. Our fences. It’s burning.
The couples on small boats all waving and shouting. Here’s Ringo; here’s Captain; and the band’s still playing. We can’t hear their music; it’s the waves, it’s the wind. It’s an old film
“We’ll sail home by moonlight, another honeymoon.”
We’ll head home.
20100223
The And

Our new album The And will be out in May 2010!
We recorded it last summer, live at Ohmnibus Studio (St Etienne, France) as a full 10-member band. The record was produced and mixed in the old way, with references to some 1960s LPs we love (by the likes of Otis Redding, Nina Simone or Miles Davis).
Guillaume Long and Nancy Pena have just finished drawing the cover.
20091230
Hidden List - Top fivers
TOP 2009, 12 disques qui ont compté pour moi.
VIC CHESNUTT At the cut
Album testament (toujours avec les géniaux membres de Silver Mont Zion et Guy Picciotto de Fugazi) puisque Vic vient de nous quitter le 24 décembre dernier, après une énième tentative de suicide qui a malheureusement réussie. Il va me manquer terriblement. Après Kurt Cobain, Jeff Buckley, Elliott Smith, la musique perd encore un de ses plus grands songwritters.
JEFFREY LEWIS & THE JUNKYARDS ‘Em are I
Avant, Jeffrey c’était le bordel, de l’antifolk avec des pépites mélodiques égrainées au long de ses disques. Désormais avec ce nouvel album, Jeffrey, c’est un des plus grands, des tubes à gogo, héritier de Robert Pollard, Jay Mascis et autres Stephen Malkmus.
THROW ME THE STATUE creaturesque
Deuxième album, plus produit que le premier, mais toujours aussi bon, de ce groupe digne héritier de Guided By Voices. C’est léger, pop, lo-fi et classieux, bref ils me mettent la pèche et je les aime pour ça.
YO LA TENGO Popular songs
Prenez une bonne dose de I can hear the heart beating as one et de Summer songs, et vous aurez une petite idée de ce nouvel album. Soit du très bon YLT, variés, avec de la pop, de la bossa, du folk, du noise. Un groupe essentiel.
PJ HARVEY A woman a man walked by
Moins personnel que White chalk, car enregistré avec John Parish, ce nouvel album de la belle Pj comporte son lot de belle chansons énervées et d’autres expérimentations. Une des plus grandes chanteuses en activité.
JERRI
Je suis chauvin, oui et alors ? Je vous emmerde. Jerri, c’est avec 0°, l’un des meilleurs disques sorti en France cette année. Et comme souvent avec nos sorties, malheureusement pas très bien compris par le public.
0° des étoiles plein les yeux
Je suis très fier de ce disque, d’avoir aidé Nicolas Tochet de faire un si beau premier long effort. Des participations superbes (Angil, Cascadeur, Le Chapelier Fou) et des morceaux qui marquent longtemps au fer blanc. Vivement la suite, mais avant ça, vivement le nouveau Melatonine…
DANGER MOUSE & SPARKLEHORSE Dark night of the soul
Danger mouse n’arrête jamais ses collaborations, et avec Mark Linkous, ce disque est un joyeux bordel pop où se croisent plein de stars en tout genre. Mention spéciale à Casablancas qui impulse la chanson pop de l’année pour moi.
GREAT LAKE SWIMMERS The lost channel
Un excellent groupe folk canadien, dont ce nouvel album présente une patine proche d’un Automatic for the people…rien que ça, vous imaginez donc le niveau.
Why? s’écarte de plus en plus du hiphop pour se rapprocher de la pop. Mais toujours barrée la pop, quand même.
THEMSELVES Crowns down
Dose One et Jel are back ! Putain que c’est bon !!! Vous voulez du bon hiphop oldschool mais aussi novateur ? Allez y !!!
B R OAD WAY Gang plank EP
Nos amis les Broadz s’éloignent de plus en plus de la musique abstraite et cinématographique de leur début, pour se rapprocher d’une efficacité pop industrielle organique imparable. J’espère pour eux que le grand public sera enfin au rendez-vous, ils le méritent.
Hidden List - Top fivers
Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An Eagle
Diving With Andy - Sugar Sugar
Lhasa - Lhasa
Lightning Dust - Infinite Light
Sharon Van Etten - Because I Was In Love

